Dimanche 10 Mars-Rendez-vous à Blankenberge

 

Dimanche 10 mars – Rendez-vous à Blankenberge

 

 

 

Avec le vent du nord qui vient s’écarteler

Avec le vent du nord écoutez le craquer

Le plat pays qui est le mien Jacques Brel

Dès potron minet, un message familial un peu inquiet : la tempête à la côte, vous n’avez pas peur ?

Mais nos guides du jour, Ida et Mireille, sont déjà dans le train, avec une poignée de randonneuses. “Women can do it! “

Et les hommes aussi, Jacques – et Nicole – sont déjà sur place depuis la veille. Petit briefing, et direction la réserve naturelle de l’Uitkerkse Polder. Un vent de tous les diables, en effet !

Surtout rester debout ! On s’accroche à son bonnet et aux bras des copines.

Ni arbres ni haies dans ce paysage ouvert où des milliers d’oies viennent hiverner.

Rien pour arrêter le vent dément de ce dimanche qui courbe les roseaux et les hautes herbes jusqu’au sol.

Que c’est beau ! On lutte, on s’épaule, on rit, comme un peu ivres, et vaguement inquiètes …

Plus tard, au débouché d’une rampe, voilà le Pier et la mer en furie, couleur d’huître, avec ses énormes déferlantes toute blanches d’écume.

Et le restaurant où on s’engouffre avec bonheur !

Après la pause, en suivant la digue, nous gagnons les Fonteintjes, une autre réserve naturelle entre Blankenberge et Zeebrugge, toute proche de la côte. Des dunes, d’épais fourrés, et de larges mares bordées de roseaux habités d’oiseaux. Et par-dessus le ciel flamand entre gris plombé et trouées lumineuses.

Autochtones et touristes sont aux abonnés absents, le monde est à nous !

Ida nous a réservé une surprise de (petite) taille, une halte pittoresque et délicieuse dans la maisonnette du pêcheur Majutte.

Minuscule entre ses deux voisines, c’est la plus ancienne de la côte (fin 18e).

Une vraie merveille, restaurée avec passion par les petits – enfants de monsieur Majutte. On craque pour son charme et l’accueil sympathique de cette maison – musée … Sans compter son café gourmand au pain perdu et mignardises, accompagné d’un petit verre de chartreuse maison.

Un joli contraste avec le quartier Belle Epoque et ses maisons aux décors raffinés, prêtes à faire revivre les plaisanciers d’un autre temps, prenant le thé après la baignade ou la partie de tennis …

Mais ne rêvons pas ! Les rescapés d’Eole n’en ont pas terminé ! …

A la gare, à 18h, tout est au point mort. Plus aucun train ne quitte la côte. Et de nous conseiller vivement de loger sur place.

D’ailleurs le Di – ou le Kruidvat – du coin est encore ouvert, avec son choix de brosses à dents …

Commence alors pour Françoise, Suzanne, Claude et moi, un voyage au long cours, incertain, ponctué d’escales, de questionnements, de longues attentes, tandis que nos compagnons mieux avisés se délectent de moules marinières et couchent dans les lits moelleux de l’hôtel de la gare.

Bus, train, re-train … A Gand, une apparence d’information, deux employés en képi et gilet jaune, quelque chose de rassurant en somme pour les quatre voyageuses hébétées et résignées. Tout au plus de quoi tromper l’attente, car le tableau des départs est bien vide.

Soudain une annonce inaudible, un mouvement de foule, une ruée vers les quais … Un train ! On n’y croyait plus.

Et juste compensation, le confort ouaté d’un wagon de 1ère classe.

Somme toute, et sans la moindre ironie, une vraiment belle journée, de celles qui enrichissent la mémoire. Merci Ida, merci Mireille, et merci au vent si bien chanté par Jacques Brel

Niquette

 

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