Séjour pyrénéen – 21au 29 mai 2017

 

La montagne était pour moi un territoire inconnu, je la contemplais de loin mais je la considérais comme un lieu destiné aux dieux, aux aigles, aux cabris bondissants.

Grâce au club et à l’initiative de Dominique et de Pierre Bohain, la montagne a pu me parler avec un langage familier.

J’allais arpenter ses sentiers, humer l’odeur résinée de ses pins crochus, sentir la sueur perler à mon front, confrontée à ses dénivelés.

Le groupe contribua beaucoup à mon enthousiasme, je conçus une amitié nouvelle avec Bruna, me délectai des bons mots de Jean, amoureux des belles vaches des estives, admirai la belle énergie d’Ago qui tirait le cortège vers les hauteurs.

Pierina me ravit par son optimisme et Luc par sa gentillesse. Que dire de Concetta, et de Pina sinon qu’elles égayaient nos pas de leurs rires et de leur entrain. J’ai découvert en Pierre un Pierrot lunaire, un peu Gaston (Lagaffe) qui m’a bien fait rire.

Je pointerai aussi ma découverte de Rocamadour, étape du pèlerinage de Compostelle, où la nature et la culture se sont mariées pour le meilleur. Au passage, Bruna et moi avons chanté la chanson aux paroles absurdes de Philippe Blanchard, nous n’avons pas vu de « loup à Rocamadour et n’avons pas tricoté des napperons avec le reste des nouilles grattées sur le balcon !!! » Mais nous avons eu de sacrés fous rires !

A Saint-Lary, si vous n’êtes pas un touriste de la bonne saison, vous ne trouvez pas de bistrot ouvert, sinon un ouvert par erreur ici ou là et certains jours seulement, où vous pouvez déguster des vins savoureux aux fruits rouges ou à la châtaigne !

On ne s’en est pas privés !

L’Espagne est à deux pas et elle vous accueille avec des tapas servies artistiquement par un garçon de café qui prend les nappes en papier pour des toiles de maître. Les sauces s’inscrivent en délicats entrelacs comme des coups de pinceau et les tapas servent de points d’exclamation sur ces feuillets d’artiste improvisés. Le cava a bullé dans nos gorges et le château de Ainsa a pris des couleurs mordorées et des reliefs nouveaux !

Bon d’accord, on a aussi randonné vous savez. D’abord dans les alentours de Saint-Lary et les vallées de ses belles rivières de jade, où nous avons vu un moulin actionné par des eaux vives, des hameaux endormis aux fontaines frémissantes.

L’eau coule à flot partout, certains y verraient bien du vin à la place, mais boire ou marcher, il faut choisir !

Le clou ou la cerise, à vous de choisir, ce furent les lacs de montagne.

Et la plus belle, quoique la plus éprouvante (à descendre,) fut la réserve du Néouvielle.

On vous indique, non les kilomètres, mais le nombre d’heures de marche : 3h30, par exemple, mais comptez le double car la chaleur vous plombe, les roches et les racines enchevêtrées vous tendent des pièges, surtout si vous êtes un contemplatif distrait qui observe, comme moi, la moindre des fleurettes surgie dans un interstice de pierre !

Parlant de fleurs, il en pousse d’innombrables.

La gentiane darde ses rayons bleus électrisants, tandis que les narcisses se mirent dans les eaux des lacs et tombent à nouveau amoureuses de leurs reflets.

La renoncule jaune de chez nous s’habille ici de blanc et parsème les flancs herbeux de ses ponctuations. Coussinets de sédums, orchidées, papillons froufroutants, marmottes coquines, isards grimpeurs et rapaces voltigeurs sont des trésors préservés ici. Ils nous rappellent que nous ne sommes que leurs invités et leurs obligés, sans eux un épais silence recouvrirait la terre.

La montagne est un merveilleux coffre aux trésors et nous avons bien voulu jouer aux aventuriers pour les découvrir.

Des kerns, ce terme breton désignant un tas de pierre délimitant une propriété, sont construits par des randonneurs et forment des jalons décoratifs dans le paysage ; ils servent aussi de points de repère quand le brouillard s’installe. Mais cette fois, point de brouillard, mais un soleil ardent qui faisait fondre les dernières neiges que nous avons foulées à certaines altitudes.

Ces contrastes avaient quelque chose de poétique, comme une belle métaphore surréaliste.

Ah, j’allais oublier la garbure ! Ce plat roboratif fait de légumes et de viande que nous avons goûté à l’hôtel où nous logions ! Le cuistot était tellement généreux que certains n’arrivaient pas à finir leur assiette ! Il nous a pris pour des montagnards, rustauds et gourmands celui-là, oubliant que nous sommes gens de ville bien nés! Certains d’entre nous ont l’appétit d’une petite souris, d’autres un estomac délicat. Trêve de plaisanterie, les menus étaient fort copieux !

Le dernier jour, l’hôtelier nous a conseillé un itinéraire et une table qui nous ont bien surpris. Le col d’Aspin et le restaurant de Germaine où il est interdit de réserver.

En fait, le patron a une caméra cachée et s’amuse à filmer les aspirants convives qui attendent aux starting-blocks pour le départ. Les premiers ne seront pas les derniers servis : c’était nous !

Au col d’Aspin, nous avons pu batifoler avec des ânes en liberté et des vaches coquettes qui posaient pour les photos !

Jean en a trouvé une belle, mais celle-ci ne répondit pas à ses avances quand il voulut la caresser. C’est avec un froid dédain qu’elle continua à rêvasser devant son paysage de carte postale ! Que voulez-vous, Jean est un grand sentimental !

Bon, j’arrête sur ce mot, il y aurait encore des choses à dire mais je conclurai par ceci : les Pyrénées, à refaire !

Despina

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